Orgue Cavaillé-Coll (1903)


L'église Notre Dame de
Metz, une charmante ville de l'Est de la France située à 30 kilomètres de la
frontière Allemande, fut construite au XVIIème siècle par les Jésuites. Elle a
vu se succéder plusieurs orgues dont le premier semble dater de 1721, mais qui
disparut lors de la révolution de 1789.
Le buffet que l'on comtemple aujourd'hui date en grande
partie du facteur Nollet, qui fut construit en 1730 pour l'église Saint Siméon
de Trèves et remonté en 1803 dans l'église Notre Dame. Cet orgue, jugé
insuffisant pour la nef et ne donnant pas entière satisfaction, a subit de
nombreuses modifications au cours du XIXème siècle par différents facteurs.
Lors du concert d'inauguration de l'orgue Mutin de
Saint-Eucaire (une paroisse voisine) qui eut lieu 18 aout 1902, les
paroissiens de Notre Dame furent si impressionnés par le nouvel instrument
qu'ils signèrent le soir même un contrat avec Charles Mutin pour la
construction d'un nouvel orgue à Notre-Dame.
Charles Mutin fut formé
et travailla dans la maison Cavaillé Coll. Il en reprit la direction en 1898,
peu avant le décès d'Aristide Cavaillé Coll. Ceci explique que la production
sous la direction de Mutin se situe bien dans la lignée et l'esprit de
Cavaillé Coll, en particulier durant les premières années. Il s'agit donc bien
ici d'un authentique orgue symphonique français Cavaillé Coll.
Ce n'est donc qu'en 1903 que fut livré le nouvel instrument
par Charles Mutin. Le buffet de Nollet fut réutilisé et élargi par deux
grandes tourelles latérales. Le nouvel instrument de 38 jeux et 3 claviers fut
inauguré par Widor lui-même le 17 août 1903.
L'orgue subit par chance peu de modifications. On note
l'ajout en 1904 de jouées latérales au buffet afin de cacher les tuyaux de
pédale. Les facteurs Mürkens transformèrent le Basson du positif en Clarinette
en 1927, et Joseph Albert modifia la composition des pleins-jeux et tranforma
le Violoncelle de pédale en Flûte 4 en 1955. Un projet de néo-baroquisation
furent envisagé en 1968, mais heureusement ne vint finalement pas à exécution.
C'est ainsi que l'orgue de Notre Dame franchi les "années critiques" sans
encombre.
En 1983, la maison Bernard Aubertin de Courtefontaien
restaura l'instrument dans un souci de respect de son esthétique originelle.
C'est ainsi que la Clarinette du positif redevint Basson, et que les
plein-jeux furent remaniés pour leur redonner une plus grande cohérence par
rapport à l'instrument. L'orgue fut réinauguré le 9 octobre par Norbert Pétry.
Cet orgue, qui a acceuillé à ses claviers les plus grands
organistes (Marcel Dupré, Maurice Duruflé, Jean Langlais, Gaston Litaize,Jean
Guillou, Michel Chapuis, Marie Claire Alain, pour ne citer qu'eux) est
considéré aujourd'hui comme un des témoins les plus authentiques de
l'esthétique symphonique française. De nombreux enregistrements ont été
réalisés sur cet orgue, en particulier par Philippe Delacour, son titulaire.
Désormais, les utilisateurs d'Hauptwerk auront la possibilité de jouer chez, à domicile ou au studio, cet orgue historique, dans son acoustique originale et avec les bruits liés à la mécanique.
Source et lectures complémentaires recommandées:
-
http://orguendmetz.free.fr by Frédéric Mayer
- Inventaire de Orgues de Moselle par Christian Lutz et François Ménissier, Editions Serpenoise
Nous remercions la paroisse de Notre Dame de Metz et en particulier leur
organiste, Phillipe Delacour. Nos remerciements également à François Muller
(France, logistique et contacts) ainsi que Hans Schoof (Australie, assistance
à la création de la console virtuelle) Nous ne pouvons suffisament les
remercier pour leur aide à la réalisation de ce projet.
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